Lors de son passage au-dessus de l'Europe, il y a quelques minutes, l'ATV « Jules Verne », toujours solidaire de l'étage EPS, a été suivi avec beaucoup d'attention par des radars au sol, ceux du navire "Monge", de la marine française, à Brest, et ceux d'une station du FGAN, l’établissement allemand pour la recherche en sciences appliquées. Ces stations radar ont fourni des données orbitales très précises pour que l'ensemble ATV/EPS - actuellement hors de visibilité des stations sol - puisse être "récupéré" par les stations de télémesure de Dongara et Adélaïde en Australie et d'Invercargill en Nouvelle-Zélande.
Avec ses 19 tonnes, l'ATV « Jules Verne » est plus de deux fois plus lourd que la plus grosse charge utile jamais emportée par Ariane 5 (Envisat avec ses 8,7 tonnes, bien sûr, mais aussi des composites de satellites qui approchaient les 9 tonnes).
Pour l'EPS, et surtout pour son Système de contrôle d'attitude et de roulis (SCAR), cela signifie une masse beaucoup plus importante à manœuvrer, avec un centre d'inertie déplacé vers le haut. Pour y parvenir, il a donc fallu "renforcer" ce SCAR, dont les réserves d'hydrazine ont été doublées, tout comme le nombre de moteurs longitudinaux.
En ce moment, ce SCAR manœuvre pour placer régulièrement l'ATV en rotation - dans un mode dit "barbecue" - afin de faciliter le contrôle thermique passif.
Profitant de la phase balistique ou finalement il se passe peu de choses (en apparence), j'en profite pour vous faire passer quelques captures d'écran du lancement. (Cliquez sur "Article complet" pour la suite).
Dans quelques minutes, l'ATV va survoler l'Europe occidentale. Comme il sera encore dans la nuit, il sera bien difficile de l'apercevoir depuis la France.
De Paris, il devrait "accrocher" le Soleil vers 5h26. Il ne sera alors qu'à 6° au-dessus de l'horizon, avec un azimuth de 75°. A vos jumelles !
L'EPS vient de terminer sa première combustion. L'ATV est actuellement sur une orbite dont le périgée n'est qu'à 136 km d'altitude, c'est pourquoi un deuxième allumage, dans 45 minutes, est nécessaire pour circulariser à 260 km d'altitude.
Sur sa trajectoire inédite, Ariane 5 ne peut pas utiliser les stations de poursuite habituelles à Natal, Ascension et Libreville.
En ce moment, elle est suivie par une Station Navale Ariane (SNA) déployée sur un navire au milieu de l'Atlantique et va bientôt passer sous la responsabilité d'une toute nouvelle station, à Santa Maria aux Açores.
Après 8 minutes 54 de propulsion, l'Etage principal cryotechnique a brûlé ses 175 tonnes d'ergol et amené le composite supérieur à 7 km/s, et quelque 133 km d'altitude au dessus de l'Atlantique.
L'Etage supérieur EPS a pris la relève. Il va pousser une première fois pendant 8 minutes.
L'EPC, lui, va retomber dans l'atmopshère et se désintégrer au-dessus de l'Atlantique.
L'ATV est déjà dans l'espace, à plus de 120 km d'altitude, il ne lui reste plus qu'à acquérir suffisamment de vitesse pour y rester.












